Qu’attendons nous de l’immatériel ?

Nous, humains, cherchons à comprendre et à sublimer notre passage terrestre de tant de façons différentes…C’est une des questions qu’il convient de se poser à soi- même à un moment ou un autre de son parcours spirituel : qu’est-ce que j’attends de l’immatériel ? Que va chercher mon esprit auprès de tel dieu, telle force, telles représentations spirituelles? Ai-je besoin de réconfort, de force? Ai-je besoin d’être bousculé dans mon quotidien ? Celà à mon sens n’invalide pas l’existence de la divinité en la rangeant au rang de simple projection, mais cela permet de se retrouver soi- même dans la relation qui nous fait tendre vers elle.

La divinité peut m’apparaître comme ayant un caractère propre, mais n’ayant pas de moyen de tester si ce caractère est vraiment attribué à elle, je ne peux que supposer que si un nombre suffisant d’autres personnes l’ont vécu ainsi, alors la somme de toutes ces expériences individuelles valide ma représentation. Cependant je peux aussi me mettre à douter et me demander si cette vision est la bonne, notamment lorsque je suis confrontée à d’autres visions. Cela est d’autant plus vrai lorsque j’ai construit mon lien avec cette divinité à l’âge adulte, et par moi- même, sans la validation d’un groupe, d’un entourage, d’une communauté. Il se peut que mon lien avec elle soit alors morcelé, tel un prisme ou un kaléidoscope.

C’est alors que la question : qu’est-ce que j’attends de l’immatériel ? prend tout son sens. Elle donne à la fois une grande chance à celui qui se la pose, celle de ne pas dépendre d’un socle de croyance pré-établi, et en même temps une lourde responsabilité, voire même une fragilité profonde, celle de déterminer soi-même les bases sur lesquelles reposer.

Ce que j’essaie de creuser à travers cet article, c’est la question du cheminement dans une croyance ou une pratique spirituelle. Qu’elle soit balisée et validée ou non par un système extérieur pré-établi, elle n’en reste pas moins toujours en constante ré-évaluation par rapport au vécu profond et intérieur de chacun, et celà à mon sens, en fait une pratique saine.

Il arrive qu’elle se fixe sur tel ou tel cheminement, ou de façon plus insidieuse, qu’elle se fige dans une vision statique qui lui permet d’éviter la notion de doute. Ce fonctionnement a pour avantage d’extérioriser l’expérience spirituelle en la rendant solide et sécure afin d’éviter de revenir à soi et justement à ses doutes. La foi devient alors un parent, un appui sur lequel se reposer, mais qui ne nous permet pas de prendre nos responsabilités face aux doutes qui nous animent et aux questions existentielles qu’il nous faut régler.

Et c’est là que cette question peut s’avérer une bonne enseignante. Comprendre ce que j’attends de l’immatériel me permet de comprendre mes failles, mes lacunes, et ce sur quoi je peux encore avancer dans le monde matériel. Ce que je projette dans cette divinité, comment puis-je l’accomplir dans le monde réel ?

Et c’est là que les vrais défis, intéressants, commencent!

Published by Les brumes du Gondor

Sur les chemins intérieurs, songes, mythes et réflexions qui surviennent travers les voiles derrière les montagnes...

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